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segunda-feira, agosto 21, 2006

Geopolítica 

O portal GEOSTRATÉGIE é realmente inestimável: um manancial à disposição de quem procura a informação política, histórica e estratégica que explica a actualidade internacional.
Leia-se este magnífico artigo de Gilles Munier, sobre as questões de que nunca se fala na grande imprensa mundial (chamo a atenção para a importância do problema da água na análise e compreensão das linhas de força da actuação da entidade sionista).

Le Hezbollah, rempart contre Israël
La bataille du Litani
Quels sont les véritables objectifs israéliens au Liban? Toujours les mêmes: démembrer le pays, créer un Etat chrétien vassal, occuper les rives du fleuve Litani. Les plans «Grand Moyen-Orient», et plus récemment «Proche-Orient nouveau», donnent l’opportunité à Israël de redessiner ses « frontières», comme les ont rêvé ses fondateurs.
Le mouvement sioniste n’a jamais accepté le partage du Proche-Orient effectué par la Grande-Bretagne et la France aux lendemains de la Première guerre mondiale. La déclaration Balfour de 1917 promettant la création d’un «foyer national pour le peuple juif» en Palestine, ne suffisait pas. Les dirigeants sionistes voulaient en dessiner la carte. Ils réclamaient les deux rives du Jourdain, sa source, et le Litani. Le 29 décembre 1919, Haïm Weizmann – Président de l’Organisation sioniste mondiale – demanda à Lloyd George, Premier ministre britannique, que le futur Etat «englobe la vallée du Litani sur une distance de près de 25 miles – soit environ 40 km - en amont du coude, ainsi que les flancs ouest et sud du Mont Hermon ». A la conférence de Versailles, non seulement Georges Clemenceau refusa – le territoire réclamé faisait partie de l’accord Sykes-Picot, encore tenu secret - mais il intégra le Djebel Amel, et le Litani, dans le «Grand Liban» créé sous mandat français. Depuis, Israël n’a jamais laissé en paix les habitants du sud du Liban.

«Rétrécir le Liban»
En 1937, Levi Eshkol – futur Premier ministre israélien – créa Mekorot, une agence chargée de contrôler les ressources hydrauliques en Palestine, financée par l'Agence juive et le Fonds national juif (Kéren Kayémeth Leisraël), un organisme constitué en 1921 pour acheter des terres arabes pour les colons juifs. En 1940, Yossef Weitz, directeur Fonds national juif, écrivait: «Il faut expliquer à Roosevelt, et à tous les chefs d'Etats amis, que la terre d'Israël n'est pas trop petite si tous les Arabes s'en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le nord, le long du Litani, et vers l'est, sur les hauteurs du Golan."(1)
Les premières agressions du sud du Liban eurent lieu dès 1948. La Haganah – ancêtre de «Tsahal» - occupa plusieurs villages du Djebel Amel, massacrant une centaine d’habitants. De 1949 à 1964, on dénombra 140 agressions israéliennes dans cette région, plus de 3000 entre 1968 à 1974! (2)
Pour les politiciens israéliens – d’extrême droite ou travaillistes – la guerre israélo-arabe de 1948 ne sera terminée - au nord – qu’après la prise du Litani. Dans l’esprit de David Ben Gourion, les frontières du Grand Israël – Eretz Israël - étaient toutes provisoires. Les seules qui comptaient, étaient celles décrites dans la Bible… Concernant le Liban, on lit dans son Journal, à la date du 21 mai 1948: «La suprématie musulmane dans ce pays est artificielle, et peut aisément être renversée ; un Etat chrétien doit être instauré dans ce pays. Sa frontière sud serait le fleuve Litani».
Le 27 février 1954, dans le bureau de Moshé Sharett – alors Premier ministre israélien - Ben Gourion et le général Moshé Dayan envisagèrent d’envahir le Liban pour y créer un Etat chrétien. Dans ses Mémoires (3), Sharett écrit qu’il n’était pas d’accord avec les plans de ses interlocuteurs. Il les trouvait « insensés ». Ben Gourion le relança le jour même, par courrier, pour le faire changer d’avis et le convaincre de «rétrécir» le Liban (4: «C'est peut-être le moment de créer un État chrétien dans notre voisinage. Cela signifie que, cette fois, toute l'énergie et tous les moyens doivent être employés dans ce but et que nous devons agir dans toutes les directions pour provoquer un changement radical au Liban».
Moshé Dayan, chef d’Etat major, revint à la charge le 16 mai 1954. Il proposa à Sharett de «soudoyer un officier (libanais) qui accepterait de servir de marionnette afin que l'armée israélienne paraisse répondre à un appel pour la libération du Liban de ses oppresseurs musulmans». Après, «l’armée israélienne investira le Liban, occupera le territoire nécessaire et installera un régime chrétien susceptible de devenir l’allié d’Israël. Israël annexera en bloc le territoire libanais qui s’étend du fleuve Litani jusqu’au sud du Liban…» (5). Nouveau refus. Un projet pour le détournement de 400 millions de mètres cubes d'eau du Litani aurait néanmoins été proposé selon Ghassan El Ezzi, spécialiste du Moyen-Orient (6).
David Ben Gourion avait de la suite dans les idées. En octobre 1955, il a suggéré à Guy Mollet, Président du Conseil français, et à Christian Pineau, ministre des Affaires étrangères, de profiter de l’expédition de Suez – en préparation en Israël sous le nom d’ «Opération Kadesh» - pour instaurer un «ordre nouveau» au Liban. Il voulait dans la foulée démembrer la Jordanie et y installer les réfugiés palestiniens sur une portion du territoire. Les Français refusèrent (5).

Des guerres de l’eau
En juin 1967, la guerre dite «des six jours» - permit à Israël de réaliser un des vieux objectifs du mouvement sioniste: occuper le plateau syrien du Golan, riche en ressources hydrauliques. La Syrie en libéra une partie en 1973, mais ne put empêcher la Knesset de décréter l’annexion du restant le 14 décembre 1981. Son sous-sol représente aujourd’hui le tiers des réserves en eau de l’Etat hébreu. Damas en réclame en vain la restitution, s’appuyant sur une résolution de l’ONU déclarant la décision israélienne «nulle et non avenue». Mais, comme aucune résolution internationale condamnant Israël n’est appliquée – le site Internet pro israélien WorldNetDaily en a décompté 97, rien qu’entre 1948 et 1991! - comme aucune sanction n’est jamais prise contre l’Etat hébreu, on voit mal comment la libération du Golan pourrait se faire autrement que par les armes.
Le 14 mars 1978 eut lieu la première grande invasion israélienne du Liban. L'opération «Litani», lancée officiellement pour repousser de l’autre côté du fleuve les organisations palestiniennes implantées au sud du Liban. Le retrait des troupes israéliennes exigé par la résolution 425 de l’ONU du 19 mars 1978, ne sera pas total. Les Israéliens créeront une petite «zone de sécurité» en territoire libanais avec l’aide du Major Saad Haddad, chef d’une milice anti-palestinienne, dans le rôle de «l’officier acceptant de servir de marionnette», comme disait Moshé Dayan. Elle permettra à Israël – c’était un des buts de l’opération - d’utiliser à satiété les eaux du Litani, comme l’ont constaté des observateurs de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban).
En février 1982, Oded Yinon – haut fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères - publia dans la revue Kivounim (Orientations) de l’Organisation sioniste mondiale, un article qui fait date. Il décrit ce que doit être la politique d’Israël dans les années 80-90: démanteler les pays arabes – Egypte, Syrie, Irak - «sur la base de critères ethniques ou religieux», diviser le Liban en cinq provinces. On dit que le plan de remodelage du Proche-Orient de George W. Bush en est largement inspiré.
En juin 1982, nouvelle agression du Liban. L’opération «Paix en Galilée» est déclenchée par Menahem Begin, comme toujours dans un but défensif. Il s’agissait encore cette fois de «repousser les katyushas à 40 kilomètres de la frontière». En fait, les Israéliens voulaient chasser l’OLP du Liban et investir Beyrouth pour y installer au pouvoir un «Quisling local». Ariel Sharon l’a avoué neuf mois plus tôt au journaliste pacifiste israélien Uri Avnery (7).
La résistance libanaise – personnifiée par le Hezbollah – obligea Israël à battre en retraite. Entre 1985 et 2000, les Israéliens maintiendront avec beaucoup de difficultés une nouvelle «zone de sécurité» de huit à quinze kilomètres de profondeur le long de la frontière israélo-libanaise. Ils en confieront l’administration au successeur de Haddad, le lieutenant-général à la retraite Antoine Lahad, Mais, la guérilla du Hezbollah obligea finalement Ehoud Barak, Premier ministre travailliste, à évacuer l’enclave en juin 2000 et à surseoir… au détournement du cours inférieur du Litani vers le Jourdain. Toutes les infrastructures liées au barrage de Qaraoun sur le fleuve avaient été préalablement sabotées par l’armée israélienne. Ariel Sharon fit savoir que la construction d’une station de pompage sur le Wazzani, destinée à l’irrigation des terres agricoles autour de Marjayoun, serait considérée par Israël comme un casus belli.
Le bilan humain de «Paix en Galilée» est terrible: près de 20000 libanais tués et 30000 blessés. A Beyrouth, l’opération s’acheva par l’assassinat de Béchir Gemayel, chef des Phalanges propulsé Président de la République - qui tardait, dit-on, à reconnaître Israël - et par le massacre de Sabra et Chatila.

Assurer l’avenir du «royaume d’Israël»
En 1996, les ultra-sionistes israéliens et leurs correspondants américains - à moins que ce ne soit l’inverse - décidèrent de mettre un terme au processus de paix d’Oslo en présentant à leur ami Benjamin Netanyahu, Premier ministre, un nouveau plan de domination américano-israélien du Proche-Orient appelé «Une rupture nette. Une nouvelle stratégie pour assurer l'avenir du royaume (celui d’Israël dans sa version biblique)». Ses rédacteurs étaient: David Wurmser, Douglas Feith, Richard Perle, Eliott Abrams, des néoconservateurs influencés par les idées de l’orientaliste britannique Bernard Lewis, un de ceux qui ont le plus contribué à «israéliser» la vision du monde arabe et de l’islam aux Etats-Unis (8).
Tous les événements politiques qui se sont produits dans la région depuis, y sont programmés noir sur blanc: le renversement de Saddam Hussein, la Syrie chassée du Liban, la guerre actuelle contre le Liban et le Hezbollah, la désignation de la Syrie et de l’Iran comme responsables de la crise (9). Il ne manque dans le document que l’assassinat de Rafic Hariri! (10)…

«Le début de la fin pour Israël»
Rien ne sert de s’attarder longtemps sur le prétexte annoncé par Israël pour entrer en guerre. Il est faux, comme ceux utilisés lors des guerres précédentes. Selon le San Francisco Chronicle (21/8/06), l’opération en cours a été présentée aux Etats-Unis, il y a plus d’un an, à des militaires, des diplomates, des journalistes et dans des think-tanks. Ariel Sharon, salué à cette époque comme un «homme de paix», était encore aux commandes! Rien n’a changé depuis que Moshé Dayan a reconnu dans une interview au Yediot Aharonot qu’en 1967 les menaces syriennes sur la sécurité d’Israël étaient de la «foutaise». «Laissez tomber... », avoua-t-il au journaliste qui l’interrogeait: «Je sais comment au moins 80% de tous les incidents avec la Syrie ont commencé. Nous envoyions un tracteur dans une zone démilitarisée et nous savions que les Syriens allaient tirer». Il admettait que ce qui poussait l’Etat hébreu à provoquer la Syrie de cette manière, c’était «l'appât de la terre», l'idée qu'il est possible «d'accaparer une parcelle de terre et de la garder, jusqu'à ce que l'ennemi soit fatigué et nous l'abandonne» (11).
Les deux soldats israéliens capturés par le Hezbollah le 12 juillet 2006 faisaient partie d’un commando surpris en territoire libanais. Plusieurs dépêches d’agences - notamment l’Associated Press - l’ont annoncé. La chaîne MSNBC aussi. Puis, la version israélienne a prévalu: le Hezbollah les avaient kidnappés en Israël, la sécurité de l’Etat hébreu était menacée… Aucun journaliste ne s’est alors demandé pourquoi le char Merkava qui les protégeait, détruit par la résistance libanaise, était encore sur place au Liban, à Aitaa Al-Chaab. «Tsahal» n’arrivait pas à le récupérer (12).
Le plan «Grand Moyen-Orient» est entré dans une nouvelle phase sanglante. Qu’importe pour Condoleezza Rice les râles et les cris de douleur des Libanais. Ce sont, dit-elle, les premiers vagissements du «Proche-Orient nouveau» (13). On croirait entendre Madeleine Albright qui – avec la même inhumanité - disait que la mort d’un demi million d’enfants irakiens était un prix raisonnable à payer pour renverser Saddam Hussein.
George Bush, Ehud Olmert – et Jacques Chirac! - sous estiment la volonté de résistance du Hezbollah et du peuple libanais. Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter et directeur exécutif de la Commission Trilatérale, lui, semble inquiet. Il pense que l’usage de la force pour remodeler la carte du Proche-Orient peut mal tourner pour les Etats-Unis et Israël. Après les massacres de Qana au Liban, ou de Haditha en Irak, dit-il, le «Nouveau Proche-Orient» est, pour les Arabes et les Iraniens, synonyme «d’occupation, de carnage et de bain de sang». Si les Etats-Unis sont chassés de la région, ajoute-t-il, ce sera aussi «le début de la fin pour Israël» (14).

Notes:
(1) Journal, par Yossef Weitz - Tel-Aviv, 1965.
(2) Liban : Cette « bande » que veut Israël, par Stefano Chiarini - il manifesto.
(3) Journal, par Moshé Sharett, Ed. Maariv, Tel-Aviv 1978. Cet ouvrage n’a jamais été traduit en français.
(4) Lettre confidentielle de Ben Gourion, publiée en 1979, en annexe de ses Mémoires posthumes.
(5) Conférence de Sèvres organisée pour répondre à la nationalisation du Canal de Suez par le Président Nasser. Dans Histoire de ma vie, par Moshé Dayan – Ed. Fayard, Paris, 1976.
(6) L'eau du Liban, source de toutes les convoitises, par Gilles Labarthe, Le Courrier - 25/5/04.(7) Membre de l’organisation terroriste Irgoun dans les années 40, devenu dirigeant du mouvement pacifiste israélien et éditorialiste de Ha'olam Hazeh «Ce Monde». C’est un des plus fins analystes de la scène politique israélienne.
(8) Ancien membre du Bureau arabe du Foreign Office et des renseignements militaires anglais, aujourd’hui à l’Université de Princeton. Il est notamment l’auteur de The Middle East and the West, Indiana University Press, Bloomington, 1964). Le «choc des civilisations», popularisé par Samuel P. Huntington, est tiré de l’ouvrage.
(9) A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm
(10) Gilles Munier : Qui a assassiné Rafic Hariri (AFI-Flash du 21/2/05), et La piste interdite (AFI-Flash du 17/7/06).
(11) Yediot Aharonot, 27 avril 1997. Déclaration citée par Tanya Reinhart, professeur de linguistique à l'Université de Tel Aviv, dans «Déchaînement du Mal»
(12) Liban : le gros mensonge d’Israël et de l’Occident, par Ashoka
(13) Rice sees bombs as "birth pangs"
(14) Interview de Zbigniew Brzezinski, par Nathan Gardels

1 Comentários
Comments:
É uma boa análise e o site tem materiaçl de qualidade mas por vezes é algo comuna.

Adiante, enviei-lhe um mail e agradecia que me respondesse assim que conseguir.

Saluti
 
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